Soutien et solidarité de la France dans le combat d’Haïti face à la pandémie de COVID-19 [en]

BINUH

INTERVENTION A TITRE NATIONAL
DE Mme ANNE GUEGUEN
REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 19 juin 2020

Je remercie à mon tour la Représentante spéciale du Secrétaire général en Haïti Mme Helen La Lime de sa présentation, ainsi que M. Jacques Létang, qui a livré un constat sans fard des défis auxquels Haïti fait face.

Je souhaite d’abord exprimer le soutien et la solidarité de la France dans le combat du peuple et du gouvernement haïtiens face à la pandémie de COVID-19 et à ses conséquences socio-économiques et humanitaires. Plus qu’ailleurs dans le monde, la crise sanitaire vient en Haïti s’ajouter à des fragilités existantes, en particulier la crise humanitaire qui affecte déjà des millions d’Haïtiens et Haïtiennes. La communauté internationale a montré qu’elle est prête à apporter son soutien. La France contribuera en 2020 à l’action du Service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies en Haïti afin de favoriser l’accès humanitaire. L’Union européenne, de son côté, a annoncé la réorientation de 165 millions d’euros d’aide. Les autorités haïtiennes doivent en retour apporter des garanties quant à la bonne utilisation de ces crédits.

La pandémie de COVID-19 n’a hélas pas mis un terme aux violences et aux violations des droits de l’Homme, bien au contraire. L’augmentation de l’insécurité et de la violence par les gangs depuis le début de l’année 2020 est très préoccupante. La Police Nationale d’Haïti se mobilise pour y faire face, et elle doit être irréprochable. Aucune violation des droits de l’Homme ne peut être tolérée et pour reconstruire la confiance, il est nécessaire que les autorités haïtiennes s’attaquent à l’impunité, en premier lieu dans des affaires aussi symboliques que les massacres de La Saline et Bel Air qui ont donné lieu à des rapports accablants des Nations unies. Enfin, nous appelons les autorités haïtiennes à défendre et protéger les défenseurs des droits de l’Homme, qui jouent un rôle crucial dans ce contexte.

Face à la crise multidimensionnelle dans laquelle se trouve Haïti, nous savons tous que la seule solution réside dans le dialogue politique entre tous les Haïtiens. Nous regrettons que les efforts de dialogue au mois de février, avec le soutien du BINUH, n’aient pas permis d’aboutir à la formation d’un gouvernement inclusif. La France en appelle au président Jovenel Moïse mais également à toutes les forces politiques du pays, notamment l’opposition, ainsi qu’à la société civile et au secteur privé, pour une reprise d’un dialogue national inclusif en préparation des échéances électorales et de la révision de la Constitution, si c’est la voie que choisissent les Haïtiens.

Le BINUH, huit mois après son institution, s’est mobilisé sans relâche en lien avec l’équipe pays des Nations unies pour accompagner Haïti face à la pandémie. Notre Conseil continuera à maintenir toute sa vigilance et à prendre les mesures appropriées, notamment si la situation en Haïti devait continuer à se détériorer.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/06/2020

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