Syrie : aucun progrès n’a été effectué [en]

SYRIE - CHIMIQUE

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 05 novembre 2020

Madame la Présidente,

Je remercie Mme Nakamitsu pour son exposé. Comme c’est le cas chaque mois, depuis bien trop longtemps, nous constatons à nouveau l’absence totale de coopération du régime syrien.

Je souhaite souligner trois points.

Premièrement, le Conseil exécutif de l’OIAC avait demandé à la Syrie, au mois de juillet dernier, de se conformer à ses obligations et lui avait donné 90 jours pour redresser la situation. Le Directeur Général de l’OIAC nous a donc transmis un rapport, il y a quelques jours, qui fait le point sur la mise en œuvre de cette décision.

Le rapport tient en deux pages et sa conclusion est limpide : aucun, et j’insiste, aucun, progrès n’a été effectué. Cela doit nous interpeller. Nous espérons que la Conférence des Etats parties qui s’ouvrira le 30 novembre à La Haye en tirera pleinement les leçons.

En 2013, le régime syrien s’était engagé à coopérer en transparence et de bonne foi avec l’OIAC. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas tenu parole. Sept ans après la résolution 2118 nous ne connaissons toujours pas l’état des stocks chimiques syriens.

Deuxièmement, je tiens à rappeler que l’utilisation répétée d’armes chimiques par le régime contre son propre peuple n’est malheureusement plus à démontrer. En avril dernier, l’Equipe d’enquête et d’identification de l’OIAC a publié, au terme d’une investigation rigoureuse, un rapport accablant qui établit que des attaques à l’arme chimique ont été menées à Ltamenah en mars 2017 par des unités de l’armée de l’air du régime.

Dans ce contexte, je souhaite insister sur le professionnalisme et l’impartialité de l’OIAC et condamner toutes les tentatives de ceux qui cherchent à jeter le discrédit sur cette Organisation si importante pour notre sécurité collective.

Enfin, je veux souligner que l’emploi d’armes chimiques, quels que soient le lieu, la période et l’auteur et quelles que soient les circonstances, est inacceptable et constitue un crime qui menace l’humanité tout entière. La réémergence des armes chimiques figure parmi les plus graves menaces dont nous ayons à traiter au sein de ce Conseil. Celui-ci l’a rappelé dans des termes clairs par sa déclaration présidentielle de novembre 2019.

Ainsi que l’a rappelé le Président Macron le 21 septembre dernier, « des tabous que l’on pensait inviolables sont levés ». Aucune impunité à cet égard ne peut être tolérée. C’est pourquoi la France porte depuis 2018, avec 40 autres pays et l’Union européenne, le partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques. Restaurer la crédibilité du régime d’interdiction, c’est aussi l’une des conditions d’une paix juste et durable en Syrie sur la base de la résolution 2254.

Je vous remercie.

Dernière modification : 05/11/2020

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