Syrie : il est indispensable de mettre en place une cessation des hostilités immédiate [en]

Syrie – Situation humanitaire
Déclaration de M. Wadid Benaabou
Coordinateur politique adjoint de la Mission permanente de la France auprès des Nations unies
Au Conseil de sécurité
New York, le 27 août 2020,

Je remercie M. Rajasingham pour sa présentation.

Vous l’avez souligné, la pandémie de COVID-19 continue de se propager, y compris dans le Nord-Ouest et le Nord-Est. Et nous savons que la réalité de la pandémie est probablement encore plus alarmante que ce que reflètent les chiffres que vous avez cités, les capacités en matière de test étant très faibles.

Dans ce contexte, il est plus que jamais indispensable de mettre en place une cessation des hostilités immédiate et une pause humanitaire, conformément aux termes de la résolution 2532 et aux appels du Secrétaire général et de son Envoyé spécial. Cela est d’autant plus nécessaire que la trêve dans le Nord-Ouest reste fragile.

Nous ne le répéterons jamais assez : le respect du droit international humanitaire est une obligation qui s’impose à toutes les parties. Je pense notamment à la protection des civils, y compris du personnel humanitaire et médical, ainsi que des infrastructures civiles. La France continuera à soutenir fermement tous les efforts visant à prévenir et à punir les violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

Notre priorité collective aujourd’hui est de parer à l’urgence et de répondre aux besoins humanitaires qui ne cessent de s’accroître en Syrie, mais également au Liban, où les besoins des réfugiés syriens et des communautés d’accueil sont exacerbés par les récents développements.

Il faut cesser d’instrumentaliser l’aide humanitaire. Toutes les parties, en particulier le régime syrien, doivent garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave à l’ensemble des personnes qui ont besoin d’aide.

La France regrette la fermeture du point de passage de Bab al Salam et l’absence de consensus au sein de ce Conseil pour rouvrir le point d’al Yaroubiyah, alors même que la propagation de la pandémie et l’aggravation de l’insécurité alimentaire rendent encore plus indispensable l’acheminement d’aide dans le Nord-Est et le Nord-Ouest. Or, nous ne pouvons ignorer les conséquences de l’adoption de la résolution 2533 : les opérations humanitaires dans le Nord-Ouest sont désormais plus coûteuses, plus risquées et avec des délais plus importants.

Enfin, seule une solution politique conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité permettra de mettre un terme à la tragédie humanitaire et de stabiliser durablement le pays. Tant qu’un processus politique crédible n’est pas fermement engagé, la France et l’Union européenne ne financeront pas la reconstruction. Vous connaissez enfin nos positions sur la levée des sanctions et la normalisation. Elles demeurent inchangées.

Je vous remercie.

Dernière modification : 27/08/2020

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