Syrie : la situation humanitaire ne cesse de se détériorer [en]

SITUATION HUMANITAIRE EN SYRIE

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE, REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 29 juillet 2020

Merci Monsieur le Président.

Je tiens tout d’abord à remercier Mark Lowcock et Amany Qaddour pour leurs présentations.

Vous l’avez souligné, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer en Syrie. La pandémie de COVID-19, la hausse de l’insécurité alimentaire et la crise économique résultant de la corruption et d’une gestion désastreuse par le régime accroissent chaque jour les besoins humanitaires.

La priorité absolue doit être la mise en place d’une cessation immédiate des hostilités et d’une pause humanitaire, conformément à la résolution 2532 et à l’appel du Secrétaire Général. Cela est d’autant plus indispensable que la pandémie se propage, y compris dans le Nord-Ouest où la trêve russo-turque reste fragile. A cet égard, nous condamnons les attentats meurtriers des 20 et 26 juillet à proximité d’Azaz et à Ras al Ain.

Le respect du droit international humanitaire n’est pas négociable : c’est une obligation qui s’impose à toutes les parties. Je pense en particulier à la protection des civils ainsi que des infrastructures civiles. La France continuera d’apporter son plein soutien aux mécanismes de lutte contre l’impunité.

Toutes les parties, en particulier le régime syrien, doivent garantir l’accès humanitaire. La France regrette la fermeture du point de passage de Bab al Salam, qui constituait un accès vital pour 1,3 million de personnes dans la région d’Alep. Nous regrettons également l’absence de consensus au sein de ce Conseil pour rouvrir le point d’al-Yaroubiyah, alors même que la propagation de la pandémie rend encore plus indispensable l’acheminement d’aide médicale dans le Nord-Est. La politisation de l’aide humanitaire en Syrie est inacceptable. L’aide « crossline » est largement insuffisante pour répondre aux besoins. Elle n’offre aucune des garanties nécessaires d’impartialité et de transparence.

L’Union européenne et ses Etats membres, dont la mobilisation financière représente 70% des engagements pris à la conférence Bruxelles IV, resteront exigeants quant à l’application des principes humanitaires de neutralité, d’impartialité et d’indépendance et du document « principes et paramètres » défini par les Nations Unies, afin d’apporter les garanties nécessaires à la mise en œuvre de l’assistance apportée aux populations dans le besoin en Syrie.

Enfin, je tiens à rappeler que tant qu’un processus politique crédible conforme à la résolution 2254 ne sera pas fermement engagé, la France et l’Union européenne ne financeront pas la reconstruction. Nos positions sur la levée des sanctions et la normalisation demeurent également inchangées. Ne nous laissons pas tromper par la fable du régime : la crise économique en Syrie résulte de la destruction par le régime de son propre pays. Les sanctions européennes sont ciblées : elles visent des individus et des entités qui participent à la répression et profitent des retombées du conflit. Elles prévoient des dispositifs solides pour préserver l’acheminement de l’aide humanitaire et médicale. Cette instrumentalisation de la question des sanctions est tout à fait inacceptable.

Je vous remercie Monsieur le Président.

Dernière modification : 29/07/2020

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