Traite des êtres humains [en]

« Parce que la traite des êtres humains fait désormais partie intégrante de la stratégie de certains groupes terroristes et alimente la criminalité transnationale organisée, le Conseil de sécurité des Nations unies a une responsabilité particulière dans la lutte contre ce fléau. »
Laurence Rossignol, Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, 15 mars 2017
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Every year, almost 2.5 million people are recruited by force and exploited in the world.
Credits : UN Photos

Contexte

La traite des êtres humains est une des formes de trafic les plus rentables dans le monde, après le trafic de drogue et la contrefaçon. Elle génère un profit de 32 milliards de dollars par an. Il existe différentes formes d’exploitation des êtres humains : le travail forcé, l’esclavage domestique, l’exploitation sexuelle, le trafic d’organes ou encore la criminalité et la mendicité forcées. Que ce soit en tant que pays d’origine, pays de transit ou pays de destination des victimes, presque tous les Etats sont touchés par ce phénomène reconnu être un crime contre l’humanité.

Chaque année, près de 2,5 millions de personnes sont recrutées et exploitées à travers le monde et 80% des victimes de la traite sont des femmes et des enfants.

Le débat ouvert du Conseil de sécurité des Nations unies organisé le mardi 21 novembre 2017 sera l’occasion pour la communauté internationale de renouveler son engagement pour mettre fin à ce crime violant les droits de l’Homme et la dignité humaine.

Mobilisation de la communauté internationale

L’ONU a mis en place plusieurs outils afin d’enrayer la dynamique engendrée par ces trafics. La communauté internationale s’est mobilisée en adoptant, en 2000, un instrument juridique universel contraignant : la Convention de Palerme et son Protocole additionnel sur la lutte contre la traite des êtres humains. L’objectif premier de ce texte est de prévenir, réprimer et punir la traite des êtres humains. C’est dans le cadre de cette Convention que les Etats se sont engagés à adapter leur législation nationale pour lutter contre la traite des êtres humains. Ils sont soutenus par les agences de l’ONU, notamment par l’Office des Nations unies pour la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC).

En 2010, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté un Plan d’action mondial contre la traite des êtres humains, encourageant notamment l’application effective de la Convention. Une déclaration politique adoptée le 27 septembre dernier par les Etats membres de l’ONU réaffirme l’importance ce Plan d’action. Enfin, l’ONU a créé un mandat de rapporteur spécial pour la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, actuellement confié à Maria Grazia Giammarinaro.

L’action de la France au sein du Conseil de sécurité

La France est particulièrement préoccupée par la traite des êtres humains en situation de conflits, et en particulier par le fait que certains groupes terroristes ont intégré cette pratique à leur stratégie. Daech a ainsi utilisé la traite comme acte de terreur, mais également comme outil de recrutement et moyen de financement. La traite transfrontalière est également un fléau en Afrique, utilisée notamment par Boko Haram ou Al-Shabaab. La France a récemment fermement condamné les traitements inhumains et les violences dont sont victimes les migrants en Libye. Ce trafic alimente la criminalité transnationale organisée et constitue une véritable économie souterraine déstabilisant les Etats.

C’est pourquoi la France a pleinement soutenu l’engagement du Conseil de sécurité sur cette question dès décembre 2015 (adoption de la première déclaration présidentielle du CSNU sur le sujet, S/PRST/2015/25). L’adoption de la résolution 2331 du Conseil de sécurité en décembre 2016 a constitué une étape majeure dans la prise en compte des liens entre la traite des êtres humains, les violences sexuelles et le terrorisme.

C’est dans la continuité de l’adoption de la résolution 2331 que le Conseil de sécurité s’est réunit le 21 novembre 2017, à l’occasion d’un débat ouvert sous la présidence de l’Italie. Cette réunion a été l’occasion d’adopter une nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur la traite des personnes en situations de conflit, permettant ainsi d’aller plus loin dans la mise en œuvre la résolution 2331 et dans l’engagement de la communauté internationale contre ce crime barbare.

Dernière modification : 30/11/2017

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