Ukraine : France et Allemagne mobilisées pour une résolution du conflit [en]

Ukraine
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 18 février 2020

Madame la Présidente,

Je remercie la secrétaire générale adjointe pour les affaires politiques, la représentante spéciale de la présidence en exercice de l’OSCE, et le responsable de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine pour leurs présentations.

Six ans après le début des hostilités, le conflit ukrainien continue d’être l’épreuve la plus meurtrière traversée par le continent européen. Nous ne pouvons accepter que ce conflit, qui a fait plus de 13 000 morts, s’enlise alors que des millions de femmes et d’hommes continuent de souffrir des conséquences de la guerre. C’est pourquoi la France, conjointement avec l’Allemagne, s’est mobilisée au cours des derniers mois pour insuffler une nouvelle dynamique à la résolution du conflit. Les chefs d’Etat des quatre pays du format Normandie se sont réunis à Paris le 9 décembre et ont réaffirmé leur attachement à une série de principes.

En premier lieu, ils ont réaffirmé leur attachement aux accords de Minsk en tant que cadre de règlement du conflit.

Ensuite lors de ce Sommet, nous avons également défini des mesures très concrètes pour progresser sur la voie de la mise en œuvre des accords de Minsk. Ce sont ces mesures qu’il faut désormais appliquer, et le groupe de contact trilatéral y travaille.

Une première étape positive a été franchie avec la libération et l’échange de 200 prisonniers le 29 décembre. Les discussions se poursuivent afin de permettre l’échange de tous les prisonniers liés au conflit. La France rappelle le caractère indispensable de l’accès des organisations internationales et du Comité international de la Croix rouge (CICR), à toutes les personnes détenues de part et d’autre de la ligne de contact, et de l’identification des quelques 1500 personnes disparues depuis 2014.

Des progrès sont nécessaires sur de nombreux autres sujets. Le cessez-le-feu continue d’être quotidiennement violé, en dépit de l’engagement réitéré le 9 décembre à assurer son plein respect le long de la ligne de contact. Je déplore, à ce titre, les combats de ce jour qui ont causé au moins un mort ainsi que plusieurs blessés et j’appelle les parties, et en particulier les groupes armés séparatistes, à s’abstenir de toute provocation afin d’éviter toute escalade militaire sur le terrain.

La mission spéciale de l’OSCE en Ukraine, contribue chaque jour à assurer une observation précise de l’évolution de la situation sécuritaire grâce au courage des femmes et des hommes engagés sur le terrain. Nous condamnons avec la plus grande fermeté toutes les actions qui portent atteinte à leur sécurité ou visent à entraver leur mission. Le mandat de la mission spéciale doit pouvoir être pleinement mis en œuvre sur l’ensemble du territoire ukrainien, y compris à proximité de la frontière russo-ukrainienne.

L’identification des nouvelles zones de désengagement ainsi que la question de l’identification et de l’ouverture de nouveaux points de passage, constituent des enjeux très concrets, et là aussi des progrès sont attendus tout comme sur le déminage.

Au-delà de ces mesures, l’objectif reste la mise en œuvre des clauses politiques des accords de Minsk. C’est le plus difficile mais la dynamique actuelle doit permettre de progresser, afin de définir les dispositions d’auto-administration locales de certaines régions de Donetsk et Louhansk et d’intégrer la formule Steinmeier dans la législation ukrainienne.

Dans ce contexte, les populations civiles sont les premières victimes. L’Ukraine fait face à l’une des plus importantes crises humanitaires de ces dix dernières années. 3,4 millions de personnes continuent de dépendre d’une assistance humanitaire. Tout doit être mis en œuvre pour faciliter l’accès des organisations humanitaires et des agences des Nations Unies, notamment dans le territoire contrôlé par les entités séparatistes.

Madame la Présidente,

Nous appelons toutes les parties à mettre en œuvre leurs obligations, et la Russie à user de son influence sur les séparatistes pour une mise en œuvre complète des accords de Minsk, dans l’intérêt d’une population civile aujourd’hui prise entre les armes lourdes et les mines.

En attendant le retour à une paix durable à laquelle nous nous efforçons de contribuer par la poursuite des négociations et la perspective d’un prochain Sommet en format Normandie, l’Ukraine peut compter sur le plein et entier soutien de la France.

Je vous remercie Madame la Présidente.

Dernière modification : 18/02/2020

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