Une nouvelle étape de la relation entre la RDC et l’ONU est en train de se dessiner [en]

MONUSCO

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE,
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 6 octobre 2020

Je vous remercie Madame la Présidente.

Je remercie la Représentante spéciale Mme Leila Zerrougui ainsi que l’Ambassadeur du Niger pour leurs interventions. Je souhaiterais insister sur trois points :

Tout d’abord, l’adaptation de notre réponse aux défis sécuritaires persistants.

Certaines régions, comme les Kasais ou le Tanganyika, entrent dans une phase de stabilisation encourageante. Les autorités congolaises doivent continuer à consolider les progrès accomplis en matière de renforcement des institutions et de développement socioéconomique afin de prendre le relais de la MONUSCO qui y a débuté son désengagement.

D’autres régions restent très marquées par les violences contre les civils, notamment les femmes et les enfants, et contre les forces de sécurité. Les violences sexuelles persistent. C’est dans ces régions, en Ituri et dans les Kivus, qu’il faut recentrer les efforts de la Mission pour que les conditions de son retrait puissent le moment venu être atteintes. Une approche régionale reste par ailleurs indispensable puisque les violences dans l’Est sont perpétrées par des groupes armés aussi bien nationaux qu’étrangers.

La stratégie commune en cours d’élaboration avec les autorités congolaises doit traiter les causes profondes des conflits pour permettre le transfert progressif des tâches de la MONUSCO. Des indicateurs clairs et réalistes en matière de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation des groupes armés étrangers, de réforme du secteur de la sécurité, d’Etat de droit et encore de contrôle de l’exploitation des ressources naturelles devront donc y figurer.

J’en viens à mon deuxième point.

Les violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire sont en hausse, notamment dans l’Est. Le comité des sanctions 1533, dont je salue les travaux, peut faire plus pour y répondre, par exemple en procédant à des désignations supplémentaires. Le développement d’une stratégie nationale pour la lutte contre l’impunité et la mise en œuvre de mécanismes de justice transitionnelle sont essentiels. Les autorités congolaises doivent également continuer à pleinement coopérer avec la Cour pénale internationale.

La fin de la dixième épidémie d’Ebola à l’est de la RDC, ainsi que de l’épidémie de rougeole, sont des succès majeurs. Les efforts doivent se poursuivre pour lutter contre la COVID-19, le choléra et l’épidémie d’Ebola déclarée maintenant à l’Ouest. Le risque de famine est particulièrement préoccupant. Le gouvernement sait qu’il peut compter sur le plein soutien de la France comme en atteste le pont aérien humanitaire européen mis en place avant cet été.

Notre vigilance doit être entière en ce qui concerne la protection des hôpitaux et des personnels humanitaires. Je salue la mobilisation de la MONUSCO pour contribuer à la sécurité du Dr Mukwege et de la clinique de Panzi. Les capacités de protection locales doivent être davantage renforcées.

Enfin – et c’est mon troisième point – l’amélioration de l’action de la MONUSCO doit rester au centre de notre attention dans la perspective du renouvellement de son mandat.

Toutes les mesures possibles doivent être prises pour que la MONUSCO puisse atteindre sa pleine capacité opérationnelle. Une réforme ambitieuse de la Brigade d’intervention de la Force demeure également indispensable. En décembre dernier, ce Conseil a souligné à l’unanimité l’importance d’améliorer l’efficience de la Brigade en lui affectant de nouveaux officiers d’état-major et des unités supplémentaires. Le président Tshisekedi l’a rappelé devant l’Assemblée générale, la RDC soutient le principe d’un accroissement de la capacité opérationnelle de la Brigade. Nous encourageons donc le Secrétariat et les pays contributeurs à poursuivre leurs discussions afin d’aboutir rapidement à la mise en œuvre des décisions du Conseil.
La Brigade d’intervention de la Force avait joué un rôle majeur dans la défaite du M23 en 2013 grâce à une posture offensive. C’est ce dynamisme et cette agilité qui doivent être rapidement restaurés pour protéger les civils et neutraliser les groupes armés. Le plein engagement des Etats contributeurs est pour cela indispensable. Nous le devons à l’Etat congolais et à la population.

Enfin, il est temps que la résolution 1325 dont nous célébrons ce mois-ci le 20ème anniversaire devienne une réalité pour les Congolaises et les Congolais. La France à titre national et au sein de ce Conseil continuera à soutenir les droits des femmes en RDC. La résolution 2538 doit aussi être déclinée de manière opérationnelle au sein de la MONUSCO.

Madame la Présidente,

Une nouvelle étape de la relation entre la RDC et les Nations Unies est en train de se dessiner. C’est la paix et la stabilité du pays à long terme qui en dépendent.

Je vous remercie.

Dernière modification : 06/10/2020

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