Vénézuela : les parties doivent reprendre le dialogue [en]

Vénézuela
Intervention de M. Antoine Michon, coordinateur politique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 20 mai 2020

toutes les parties à reprendre le dialogue, qui est le seul moyen de sortir de la crise

Monsieur le Président,

En tant que membres du Conseil de sécurité, nous avons la responsabilité de contribuer de manière constructive à des solutions politiques et pacifiques aux crises politiques. C’est dans cet esprit que nous abordons la discussion d’aujourd’hui sur la situation au Vénézuela.

Je tiens tout d’abord à réaffirmer que la solution à la crise vénézuélienne ne peut être trouvée que dans le plein respect du droit international et de la constitution vénézuélienne.

L’usage de la force doit être fermement condamné, sans exception.

Le respect du droit international s’applique naturellement aussi à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Et le Vénézuela a l’obligation de garantir le fonctionnement normal de toutes les ambassades étrangères à Caracas.

En réponse à la crise politique vénézuélienne, la France, avec ses partenaires de l’Union européenne et d’Amérique latine, a engagé des efforts diplomatiques avec la création du Groupe international de contact pour promouvoir une résolution de la crise par le dialogue, en tenant compte, entre autres, des résultats du processus d’Oslo/La Barbade. Un dialogue inclusif et de bonne foi est en effet la seule voie à suivre, en vue de l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles.

Les Vénézuéliens doivent pouvoir choisir librement leur avenir et les prérogatives de l’Assemblée nationale doivent être respectées, conformément à la Constitution vénézuélienne.

Les Vénézuéliens sont les premières victimes de la crise actuelle, qui dure depuis trop longtemps.

• Des millions de personnes ont dû fuir leur pays et nous rendons hommage à la générosité dont ont fait preuve de nombreux pays voisins en les accueillant et en les protégeant. L’Union européenne a montré sa volonté de soutenir ces pays et organisera le 26 mai prochain une conférence des donateurs avec les agences des Nations unies, dans le prolongement de la conférence de solidarité qui s’est tenue à Bruxelles en octobre 2019. Notre réponse à cette crise doit être inclusive et collective, sous la direction de l’ONU, et doit prendre en compte la dangereuse propagation de la pandémie de COVID-19 dont les impacts humanitaires et socio-économiques dans la région pourraient être terribles.

• Les Vénézuéliens souffrent également des conséquences économiques de la crise politique. Nous appelons tous les acteurs à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave et à rejeter toute politisation de l’aide humanitaire. Ceci est d’autant plus nécessaire dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Je rappelle que la France a augmenté sa contribution financière au cours des dernières années ; au total, l’Union européenne fournit plus de la moitié de l’aide humanitaire aux Vénézuéliens.

• Enfin, les Vénézuéliens souffrent de violations graves et répétées des droits de l’Homme. La France appelle le Vénézuela à mettre en œuvre l’ensemble des recommandations du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, notamment en ce qui concerne la libération des prisonniers politiques. Nous rappelons que les sanctions de l’Union européenne sont des mesures individuelles adoptées en réponse aux violations des droits de l’Homme et qu’elles sont conçues pour ne pas affecter la population et la réponse à la pandémie.

Comme vous pouvez le constater, la France, avec ses partenaires européens, est engagée sur tous les aspects de la question vénézuélienne : politique, humanitaire et droits de l’Homme. Nous appelons toutes les parties à reprendre le dialogue, qui est le seul moyen de sortir de la crise.

Je vous remercie.

Dernière modification : 22/05/2020

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