Le Conseil de sécurité en visite au lac Tchad [en]

La France, le Sénégal et le Royaume-Uni ont décidé de conduire conjointement une visite des 15 ambassadeurs du Conseil de sécurité dans les 4 pays de la région du bassin du lac Tchad. C’est la première fois que le Conseil de sécurité se rend dans la région.

Du 1er au 7 mars 2017 : Visite du Conseil de sécurité dans le bassin du lac Tchad

A l’initiative de la France, du Sénégal et du Royaume-Uni, les ambassadeurs du Conseil de sécurité effectuent pour la première fois une visite dans les pays de la région du lac Tchad.

Par cette visite, le Conseil de sécurité souhaite apporter son plein soutien aux quatre pays affectés par le terrorisme de Boko Haram et qui font face à une très grave crise humanitaire : le Nigéria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

Le groupe terroriste Boko Haram, bien qu’affaibli, continue de mener dans la région des attaques ciblées et meurtrières. La crise provoquée par Boko Haram et d’autres groupes armés terroristes engendre des besoins humanitaires énormes.

Le Conseil de sécurité entend poursuivre les efforts en vue d’une solution durable à cette double crise sécuritaire et humanitaire.

1. Les enjeux auxquels ces pays sont confrontés

Si Boko Haram représente une forte menace, les pays de la région du bassin lac Tchad doivent également faire face à de nombreux autres facteurs de crise : conflits armés, terrorisme, extrême pauvreté, changement climatique, sécheresse, gouvernance.

Cet environnement « multicrises » favorise une situation humanitaire alarmante.
Selon l’ONU, 26 millions de personnes sont affectées par ces crises dans les quatre pays et 10,7 millions ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. De nombreuses personnes sont par ailleurs déplacées ou réfugiées.
Malgré les efforts substantiels déployés par la communauté humanitaire, un grand nombre de personnes ont toujours un besoin urgent d’assistance et l’accès aux populations reste insuffisant.

2. Les objectifs de la visite :

Cette visite permettra au Conseil de sécurité de porter trois principaux messages :

  • Encourager les Etats de la région à renforcer davantage leur coopération militaire pour lutter contre le terrorisme de Boko Haram, en particulier dans le cadre de la force multinationale mixte contre Boko Haram ;
  • Encourager les gouvernements de la région à continuer de faciliter l’accès à l’aide humanitaire pour les populations les plus vulnérables, notamment les réfugiés et personnes déplacées. Cette visite se tient une semaine après la Conférence humanitaire d’Oslo, qui a mobilisé , 672 millions d’USD (458 millions pour 2017 et 214 millions pour 2018) pour les quatre pays du lac Tchad.
  • Enfin, le Conseil encouragera également les Etats de la région à adopter une approche globale pour traiter les causes profondes du terrorisme, notamment en matière de gouvernance et de développement. Cette approche repose sur l’engagement de tous les acteurs impliqués : les gouvernements et autorités gouvernementales, les ONG, la société civile et autres acteurs qui peuvent jouer un rôle important dans la résolution des crises. Le Conseil de sécurité s’entretiendra ainsi avec l’ensemble de ces acteurs.

3. Pour la France, cette visite s’inscrit dans un engagement de longue date en soutien aux pays de la région :

La France s’est engagée très tôt pour soutenir les Etats riverains du lac Tchad dans leur lutte contre le terrorisme.

Sur le plan politique, le président Hollande a organisé et présidé à Paris en mai 2014, la première Conférence jamais organisée sur la question. Cette conférence a été particulièrement importante car elle a permis de définir le cadre d’une action commune pour la lutte contre le terrorisme dans la région.

Sur le terrain, les forces armées françaises de l’opération Barkhane apportent un soutien logistique et un appui en matière de renseignement aux forces armées partenaires des Etats de la région.

Sur le plan humanitaire, en 2016, la France a débloqué plus de 13,5 M€ d’aide pour les quatre pays du bassin du lac Tchad, dont plus de 9 M€ pour les victimes du terrorisme de Boko Haram. Cet effort sera maintenu au cours de l’année à venir.

Enfin, la France attache une importance particulière à l’articulation de l’assistance humanitaire avec le développement afin de fournir une réponse durable à la crise. C’est la raison pour laquelle la France a lancé « l’Initiative Lac Tchad » : d’un montant de 35 millions d’euros, cette importante initiative portée par l’Agence française de développement a pour but de favoriser le relèvement économique de la région et la création d’emplois, notamment en direction de la jeunesse, première cible du groupe terroriste Boko Haram.

Dernière modification : 02/03/2017

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