Yémen : il y a la possibilité d’une solution politique [en]

Yémen
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 16 avril 2020

Madame la Présidente,

Je tiens à remercier Martin Griffiths et Mark Lowcock pour leurs briefings informatifs et rigoureux.

Nous avons répété qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise yéménite. Maintenant, comme Martin Griffith l’a souligné à juste titre, il y a la possibilité d’une solution politique. Il n’y a pas de moment plus opportun pour que les parties fassent taire les armes, comme l’a dit avec force le groupe consultatif des femmes yéménites que Martin Griffiths a rencontré récemment. Nous appelons les parties yéménites à s’engager pleinement dans des négociations à cet égard, sous les auspices de l’Envoyé spécial. Nous soulignons que le rôle de Martin Griffiths est crucial pour coordonner tous les efforts. Les parties doivent poursuivre les discussions avec Martin Griffiths sur la base de ses trois propositions, que nous saluons, notamment en acceptant la réunion de crise avec les parties que l’envoyé spécial a demandée.

La France se félicite de l’annonce faite par l’Arabie Saoudite au nom de la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen, vendredi dernier, de cesser unilatéralement leurs frappes.

Malheureusement, les parties yéménites n’ont pas encore répondu à l’appel du Secrétaire général des Nations unies en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et global pour faciliter la lutte contre COVID. Elles n’ont pas encore suivi l’annonce de la Coalition par un quelconque engagement. Au contraire, les parties ont intensifié les hostilités. La France condamne avec la plus grande fermeté cette intensification des combats.

Nous appelons les parties yéménites à s’engager à une cessation effective et durable des hostilités. Nous réaffirmons également l’obligation de toutes les parties de respecter le droit international humanitaire, en particulier la protection des civils, y compris les travailleurs humanitaires et personnels de santé, et celle des infrastructures civiles.

Madame la Présidente,

Nous appelons toutes les parties à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin : cela est crucial pour faciliter la réponse à la crise du COVID.

Les avertissements des épidémiologistes rappelés par Mark Lowcock sont clairs : la propagation du COVID-19 au Yémen serait catastrophique, car la population yéménite est extrêmement vulnérable et il y a un manque évident de capacités médicales dans le pays. L’impact socio-économique de la crise se fait déjà sentir.

Tous doivent agir avec un sentiment d’urgence accru. Une action précoce peut encore empêcher la propagation du virus. Les agences des Nations unies et leurs partenaires intensifient leurs efforts pour prévenir la propagation de la pandémie, renforcer les capacités de réponse à cette crise et poursuivre les programmes humanitaires existants, qui sont la bouée de sauvetage pour tous au Yémen. Ces efforts doivent être soutenus et renforcés. Tous les obstacles à l’accès et à l’acheminement de l’aide humanitaire doivent être levés.

Madame la Présidente,

Pour conclure là où j’ai commencé, j’aimerais rappeler qu’un cessez-le-feu immédiat et durable est plus que jamais nécessaire pour faciliter les efforts de réponse à la crise du COVID. L’appel du Secrétaire général doit être entendu. Vous pouvez compter sur la France pour rester pleinement mobilisée, engagée et déterminée à trouver une solution politique à la crise au Yémen et à répondre à la crise du COVID. Les autorités françaises s’emploient également, plus largement, à désamorcer les tensions au niveau régional. Je vous remercie.

Dernière modification : 16/04/2020

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