Yémen : tout doit être fait pour garantir l’accès humanitaire [en]

Yémen
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 18 février 2020

Monsieur le Président,

Je remercie l’Envoyé spécial et le Secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires pour leurs exposés et je leur réitère notre plein soutien. Je remercie également l’Ambassadrice King pour sa présentation.

Nous ne cessons de le répéter : il faut mettre un terme aux souffrances de la population yéménite. Et pour cela, il n’y a pour cela qu’une seule voie : une solution politique globale et inclusive.

Nous sommes très préoccupés par les affrontements violents en cours au Nord du Yémen, qui font de nombreuses victimes.

Il convient d’œuvrer sans délais à la désescalade. Les échanges directs entre les parties doivent le permettre, et nous devons avancer vers une cessation des hostilités.

Des mesures de confiance sont nécessaires. Les premiers vols d’évacuation médicale qui ont été mis en place de Sana’a vers Amman, début février, ainsi que l’accord annoncé le 16 février 2020 en vue d’un échange de prisonniers de grande ampleur sont de premières avancées. D’autres doivent suivre.

L’accord de Riyad doit désormais être pleinement mis en œuvre. Une situation dégradée au Sud du Yémen ne profitera qu’aux terroristes.

Ces processus doivent aboutir à la reprise du dialogue politique en vue d’une solution inclusive pour l’ensemble du Yémen et de ses composantes. Le rôle de l’Envoyé spécial est central pour coordonner ces efforts.

Tout doit être fait par ailleurs pour garantir l’accès humanitaire.

Les parties sont tenues de respecter le droit international humanitaire.

Les restrictions croissantes à l’accès humanitaire et les détournements de l’aide doivent cesser immédiatement. L’annonce de l’abandon par les Houthis de la taxe de 2% sur les projets humanitaires est une première étape, mais beaucoup de progrès sont encore nécessaires.

Il est essentiel que l’ensemble de la communauté humanitaire reste ferme sur le respect des principes et soutienne le plan de réponse humanitaire mis en œuvre par les Nations unies : c’était l’objet de la réunion de coordination des bailleurs les 12 et 13 février à Bruxelles.

Nous appelons enfin à ce que les Nations unies puissent avoir rapidement accès au pétrolier Safer, qui représente une grave menace pour l’environnement.

La France restera pleinement engagée et mobilisée en faveur d’une solution politique à la crise yéménite et, plus largement, pour éviter toute escalade dans la région. Les autorités françaises s’y emploient auprès de tous les acteurs.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 18/02/2020

Haut de page