Aux côtés des "Elders", la France appelle l’ONU à s’unir pour garantir la paix [en]

DÉBAT SUR LA PAIX ET LA SECURITE INTERNATIONALE AUTOUR DES « ELDERS »

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE, REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 7 Septembre 2021.

Madame la Présidente,

Je saisis l’occasion de cette réunion pour rappeler que la France s’est jointe aux appels de l’Union Africaine et de la CEDEAO pour condamner les événements survenus en Guinée le 5 septembre, demander le retour à l’ordre constitutionnel et appeler à la libération du Président Condé. Cette crise est emblématique de l’importance des organisations régionales, que le Conseil de sécurité doit prendre en compte dans l’accomplissement de son mandat.

Je remercie Madame Robinson et Monsieur Brahimi pour leurs exposés. Je salue à travers eux l’action des « Elders » en faveur de la paix et de la sécurité internationales.

Nous sommes parfaitement en phase avec vous. Le monde a besoin d’un multilatéralisme fort et d’un Conseil de sécurité efficace. C’est essentiel pour répondre aux défis de notre temps. Collectivement, nous devons réfléchir aux moyens d’agir plus efficacement.

En tant que membres du Conseil de sécurité, garant de la paix et de la sécurité internationales, nous devons utiliser pleinement les outils à notre disposition. Les mandats que nous assignons aux Nations Unies sont un instrument précieux. Je veux saluer ici l’action des représentants spéciaux du Secrétaire général et des 80 000 casques bleus déployés dans des zones risquées : en République centrafricaine, au Mali ou encore au Soudan du sud. En Afghanistan, où la MANUA joue aux côté des agences humanitaires un rôle fondamental dans un contexte critique. Ce rôle doit se poursuivre.

Notre unité est une condition du succès de l’action des Nations Unies. Cette unité, nous l’avons démontrée dans le cas de la Côte d’Ivoire en 2011, pays qui est aujourd’hui bien engagé dans la voie de la réconciliation. En Libye, la paix est à portée de main. Notre soutien à la tenue des élections parlementaires et présidentielles, le 24 décembre prochain, est essentiel à la stabilité et à la réconciliation. En Syrie, j’appelle ce Conseil à mettre de côté ses différends pour parvenir à régler enfin le conflit, conformément à la résolution 2254.

La paix ne pourra se faire sans égalité réelle entre les femmes et les hommes, ni sans participation effective des femmes et des jeunes aux décisions. Les 10 milliards de dollars mobilisés lors du Forum Génération Égalité à Paris en juillet dernier doivent y contribuer.

Dans l’environnement actuel, il est essentiel préserver l’intégrité des normes de non-prolifération existantes. Au centre de celles-ci, se trouve le traité de non-prolifération. Cela implique une réponse ferme et unie face à la prolifération, notamment en ne ménageant pas nos efforts pour favoriser le retour mutuel des États-Unis et de l’Iran au respect de leurs engagements au titre de l’accord de Vienne de juillet 2015. Cela implique aussi d’œuvrer à la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord. Ce sont là les conditions d’un monde sans armes nucléaires avec une sécurité non diminuée pour tous.

Madame la Présidente,

Utiliser au mieux les outils à notre disposition est une chose, mais nous devons aussi voir ensemble comment aller plus loin.

La France est engagée en faveur de la réforme du Conseil de Sécurité pour renforcer son autorité et sa représentativité tout en préservant son caractère décisionnel. Nous soutenons son élargissement dans les deux catégories de membres et une présence accrue de l’Afrique. Par ailleurs, nous appelons tous les États membres, en particulier les membres permanents de ce Conseil, à rejoindre l’initiative que nous portons, avec le Mexique, pour la suspension volontaire et collective de l’usage du veto en cas d’atrocités de masse.

Nous pouvons aussi étoffer notre réponse. C’est le sens du projet que les pays du Sahel, la France et leurs partenaires portent avec la Coalition pour le Sahel. Elle vise à répondre à l’ensemble des dimensions de la crise : la lutte contre le terrorisme, le renforcement des capacités militaires, le redéploiement des services de l’État et les efforts en matière d’aide humanitaire et de développement. L’Union européenne soutient pleinement ces efforts. Les Nations Unies doivent faire davantage.

Répondre aux crises, c’est aussi lutter contre l’impunité et s’assurer du respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Nous appelons tous les États membres à rejoindre l’Appel à l’action humanitaire que nous avons lancé avec l’Allemagne.

Enfin, l’outil le plus efficace pour traiter les crises, c’est la prévention. Prévenir, c’est identifier les crises de demain. C’est aussi circonscrire les menaces avant qu’elles ne dégénèrent. Nous avons par exemple apporté une réponse collective au COVID-19 avec les résolutions 2532 et 2565, mais il est urgent de les mettre en œuvre.

Nous savons également que les conséquences du réchauffement climatique sont sans précédent. Et si cet enjeu est mieux pris en compte dans nos résolutions, ses répercussions sur la paix et la sécurité internationales doivent véritablement devenir à l’avenir un élément central de notre réponse aux crises.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

Dernière modification : 07/09/2021

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