"L’agression russe, soutenue par la Biélorussie, est dévastatrice pour l’Ukraine" [en]

COOPERATION ONU-OSCE

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE,
REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 14 mars 2022

Monsieur le Président,

Je souhaite la bienvenue parmi nous à M. Rau et je salue l’action de la Pologne à la tête de l’OSCE dans cette période où la sécurité en Europe fait face à une menace d’une extrême gravité. La France soutient l’engagement sans faille du président Rau au service de l’Organisation et pour la défense des engagements et des principes sur lesquels elle s’est bâtie au cours des cinq dernières décennies, aujourd’hui bafoués par la Russie.

Il y a un mois, ce Conseil se réunissait à l’initiative de la Russie pour discuter de la mise en œuvre des accords de Minsk avec la participation de représentants de l’OSCE. Lors de cette réunion, le vice-ministre russe affirmait que la Russie n’avait pas l’intention d’attaquer l’Ukraine et appelait à la mise en œuvre des accords de Minsk. Avec mon homologue allemande, nous rendions compte des efforts de Paris et Berlin pour progresser dans la mise en œuvre de la résolution 2202. Tous les autres membres de ce Conseil apportaient leur soutien à cet objectif.

En février, la présidence polonaise en exercice de l’OSCE proposait de mettre en place un dialogue renouvelé sur la sécurité européenne, afin de répondre notamment aux préoccupations de sécurité exprimées par la Russie au cours des derniers mois. Nous soutenions ces efforts et le rôle de l’OSCE comme principale plateforme de dialogue pour la sécurité collective en Europe.

Monsieur le Président,

La réalité est bien différente aujourd’hui, et elle est cruelle. La Russie a menti. Elle a violé, de façon flagrante, la Charte des Nations unies et les textes fondateurs de l’OSCE, l’Acte final d’Helsinki et la Charte de Paris, sur lesquels repose la stabilité en Europe. Elle a trahi tous ses engagements en faveur de la mise en œuvre des accords de Minsk, signés par la Russie comme par l’OSCE et endossés par une résolution de ce Conseil.

L’agression russe, soutenue par la Biélorussie, est dévastatrice pour l’Ukraine et les Ukrainiens, mais ses conséquences sont encore plus vastes. Elle menace aussi le multilatéralisme et le droit international, ainsi que les institutions qui en sont les garantes, notamment les Nations unies et l’OSCE. La Russie porte ainsi directement atteinte aux intérêts de tous les Etats qui se mobilisent dans ces organisations à la recherche de solutions négociées face aux crises et aux défis qu’ils rencontrent. Au vu de l’extrême gravité de la situation, la France remercie à nouveau la présidence polonaise en exercice à l’OSCE pour sa réactivité.

Elle demande une nouvelle fois à la Russie de cesser immédiatement les hostilités en Ukraine, de retirer ses troupes de l’ensemble du territoire ukrainien et de respecter le droit international humanitaire et les droits de l’Homme. Nous l’enjoignons de revenir au respect des règles de droit qui, aux Nations unies comme à l’OSCE, permettent le règlement pacifique des différends.

Nous réitérons notre soutien à la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine et à son personnel, qu’il s’agisse du personnel international ayant subi une évacuation forcée ou le personnel recruté localement, dont certains sont encore sous les bombardements. Nous saluons la mémoire de Maryna Fenina, employée locale tuée à Kharkiv, victime de l’agression russe.

Nous réaffirmons notre soutien aux institutions et aux instruments de la dimension humaine de l’OSCE, notamment le mécanisme de Moscou déclenché le 3 mars, et le mécanisme d’établissement des faits mis en place par le bureau des institutions démocratiques et des droits de l’Homme aux frontières de l’Ukraine.

Monsieur le Président,

L’OSCE doit pouvoir continuer de mettre ses ressources au service du règlement des conflits dans l’espace européen, en coopération avec les Nations unies et malgré la guerre en Ukraine.

La France, à la fois en sa qualité de coprésidente du Groupe de Minsk de l’OSCE et de présidente du conseil de l’Union Européenne, reste pleinement mobilisée pour contribuer au dialogue entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et à la paix et à la stabilité dans le Sud-Caucase. Les réunions qui se sont tenues en décembre et en février ont permis de définir des orientations dans cette direction. Nous appelons à la poursuite des efforts sur les questions humanitaires pendantes, notamment les libérations de prisonniers de guerre et autres personnes détenues, ainsi qu’en matière de protection du patrimoine et de déminage. Nous notons avec inquiétude l’accroissement des incidents armés depuis quelques jours et appelons les parties à tout mettre en œuvre pour éviter la répétition de tels incidents.

La France réitère son soutien indéfectible en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie et de la Moldavie et au rôle de l’OSCE pour progresser dans le règlement des conflits qui s’y déroulent.

Elle salue également le travail concerté de la présidence polonaise et du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’Homme pour maintenir, malgré les circonstances, l’essentiel dialogue avec la société civile.

Monsieur le Président,

Nous sommes déterminés à ne pas laisser la Russie entrainer dans sa chute les organisations multilatérales de sécurité collective. La France réaffirme son soutien aux Nations unies, à l’OSCE et aux coopérations que les deux organisations développent pour contribuer au règlement des crises en Europe.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 12/04/2022

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