la France déplore l’absence de progrès sur le dossier chimique syrien [en]

SYRIE/CHIMIQUE

INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST, REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 10 septembre 2020

Monsieur le Président,

Je remercie Mme Izumi Nakamitsu pour son intervention.

Sept ans après les attaques chimiques de la Ghouta par le régime et l’adoption de la résolution 2118, la France déplore l’absence de progrès sur le dossier chimique syrien. Plusieurs questions restent à ce jour en suspens sur l’état des stocks du régime syrien. Il est impératif que celui-ci fasse toute la lumière sur sa déclaration initiale et qu’il coopère enfin activement avec toutes les équipes de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Si le régime n’a rien à cacher, si le dossier des armes chimiques est clos comme certains le prétendent, pourquoi ne coopère-t-il pas pleinement avec le Secrétariat technique de l’OIAC ? Il en va de la sécurité des populations civiles, déjà lourdement touchées par des attaques répétées.

La responsabilité du régime syrien dans l’emploi d’armes chimiques contre sa propre population ne laisse pour sa part aucun doute. Les conclusions de plusieurs mécanismes d’enquête internationaux sont sans appel. Le premier rapport de l’équipe d’investigation et d’identification (IIT) de l’OIAC a établi de façon indépendante et impartiale en avril dernier que du sarin et du chlore avaient été utilisés par des unités de l’armée de l’air du régime syrien dans des attaques chimiques à Ltamenah en mars 2017, ces attaque avaient fait plusieurs dizaines de victimes, vous le savez. Ces conclusions s’ajoutent à celles du Mécanisme d’enquête conjoint de l’ONU et de l’OIAC, qu’avaient mis en place les membres de ce Conseil.

Face à la remise en cause sans précédent du régime de non-prolifération d’armes chimiques à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui, il est de notre responsabilité collective d’agir pour réaffirmer les principes fondateurs de notre sécurité collective.

C’est pourquoi la France se félicite de l’adoption en juillet dernier par le Conseil exécutif de l’OIAC de la décision, qu’elle a proposée au nom de 40 co-parrains, qui condamnait les violations de la Convention d’interdiction des armes chimiques et enjoignait la Syrie de se conformer à ses obligations sous peine de mesures collectives. La prochaine Conférence des Etats parties qui aura lieu au mois de novembre étudiera le rapport du Directeur général de l’OIAC portant sur les réponses apportées par le régime syrien au Secrétariat technique de l’OIAC. Elle pourra prendre, sur cette base et le cas échéant, les mesures qui s’imposent. La France a toute confiance dans le professionnalisme, l’intégrité et l’impartialité incontestables des équipes de l’OIAC.

Enfin, la France continuera d’apporter son soutien aux mécanismes de redevabilité que nous avons mis en place pour lutter contre l’impunité, tels que le mécanisme international, indépendant et impartial (IIIM). La lutte contre l’impunité est un élément essentiel pour préserver la paix et la sécurité internationales et pour garantir les conditions d’une paix juste et durable en Syrie, conformément à la résolution 2254.

Monsieur le Président,

L’emploi d’armes chimiques est inacceptable quel que soit le lieu, la période, l’auteur et quelles que soient les circonstances. Il constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales, comme l’a affirmé le Conseil de sécurité dans sa déclaration présidentielle du 22 novembre 2019. Il s’agit de la position constante de la France contre l’utilisation d’armes chimiques et pour que les auteurs d’attaques chimiques soient sanctionnés. Elle ne connait et ne connaitra aucune exception ni en Syrie ni ailleurs. La France continuera d’œuvrer activement en ce sens, en lien étroit avec ses partenaires, notamment à travers le partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques. Je vous remercie.

Dernière modification : 11/09/2020

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