La Colombie est un exemple pour la communauté internationale [en]

COLOMBIE

INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST,
REPRÉSENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

New York, le 12 avril 2022

Je remercie le représentant spécial du Secrétaire général Carlos Ruiz Massieu pour sa présentation. Je salue aussi la présence parmi nous du Président de la Colombie, M. Ivan Duque.

Madame la Présidente,

Dans un monde secoué par les conflits, la Colombie est un exemple pour la communauté internationale. L’Accord de paix est un acquis historique. L’ancienne guérilla a déposé les armes. Les anciens combattants se sont peu à peu réintégrés et la justice ouvre la voie à la réconciliation. La société dans son ensemble s’efforce de construire la paix au quotidien. Après un demi-siècle de conflit violent, il faut donc reconnaitre et saluer tout le chemin qui a été parcouru. Toutefois, construire la paix, c’est aussi savoir tirer un bilan lucide de la mise en œuvre de l’Accord et donc souligner les défis qui persistent.

Madame la Présidente,
Permettez-moi pour ma part de revenir sur quatre aspects précis :

Premièrement, il est positif que les élections au Congrès se soient tenues sans perturbations majeures. L’élection, pour la première fois, des représentants des 16 circonscriptions pour la paix est une avancée. Ce dispositif devra être consolidé à l’avenir. Nous espérons que la campagne présidentielle se poursuivra sans tension et que les élections se tiendront de manière sûre et inclusive, dans toutes les régions du pays.

Deuxièmement, la poursuite des violences, en particulier dans la région d’Arauca, est une source de préoccupation majeure comme cela a été dit par un grand nombre de mes collègues. Dans chaque rapport du Secrétaire général, des assassinats d’ex-combattants, de défenseurs des droits de l’Homme et de dirigeants sociaux nous sont rapportés. Chaque massacre, chaque assassinat, chaque déplacement de population est un danger pour l’Accord de paix. Actuellement, les garanties de sécurité sont insuffisantes, ainsi que l’a rappelé la Cour Constitutionnelle. Il est positif que la Commission nationale des garanties de sécurité se soit réunie pour la première fois depuis un an. Il est important qu’elle continue de le faire de façon régulière, comme cela était prévu dans l’Accord, afin de mettre en œuvre une politique de démantèlement des groupes armés.

Troisièmement, il importe de renforcer la présence de l’Etat dans les régions reculées afin de lutter contre la violence dans ces zones mais aussi d’offrir des opportunités socio-économiques viables aux populations qui ont souffert du conflit. Pour gagner définitivement la paix, davantage encore doit être fait en matière de réforme rurale, d’accès à la terre et d’accès au logement. Les chapitres de l’accord qui touchent à l’inclusivité et au sort des femmes et des jeunes sont également essentiels.

Enfin, ce sera mon dernier point, nous saluons tous les progrès réalisés en matière de justice et les progrès de la juridiction spéciale pour la paix en particulier. L’ouverture de trois nouveaux cas démontre la maturité de ce système. Les premières peines réparatrices marqueront un tournant, en plaçant les victimes au cœur du processus. Nous encourageons toutes les parties à s’engager dans l’établissement de la vérité et la Commission pour la vérité mène d’ailleurs un travail absolument remarquable. Nous serons très attentifs à son prochain rapport au mois de juin.

Madame la Présidente,

L’Accord de paix s’enracine peu à peu et nous souhaitons qu’il devienne irréversible. Sa mise en œuvre intégrale est pour cela la meilleure des garanties.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 14/12/2022

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