"La France salue la publication du rapport de la Commission de la vérité." [en]

COLOMBIE

INTERVENTION DE M. WADID BENAABOU
COORDINATEUR POLITIQUE ADJOINT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

New York, le 14 juillet 2022

Je remercie le représentant spécial du Secrétaire général Carlos Ruiz Massieu, Monsieur Francisco José de Roux Rengifo et Madame Jineth Casso Piamba pour leurs présentations. Et je salue la présence parmi nous, de la Vice-présidente et ministre des Affaires étrangères de Colombie, Madame Marta Lucía Ramírez.

Monsieur le président,

La Colombie est un exemple pour la communauté internationale. L’Accord de paix est un acquis historique et sa mise en œuvre est indispensable afin de construire la paix au quotidien, tout en regardant en face la réalité d’un demi-siècle de conflit.

Je souhaite revenir sur trois points.

Premièrement, il est positif que les élections présidentielles se soient tenues de manière pacifique et sans perturbation majeure. Cette élection et l’alternance qu’elle a marquée démontrent la solidité de la démocratie colombienne. Nous saluons l’engagement pris par le président élu de la Colombie à mettre en œuvre l’Accord dans son intégralité.

Deuxièmement, la France salue la publication du rapport de la Commission de la vérité. Il s’agit d’un travail remarquable, et d’un pas essentiel sur le chemin de la réconciliation. La juridiction spéciale pour la paix progresse, en plaçant les victimes au cœur du processus, ainsi qu’en témoignent les premières audiences publiques de reconnaissance de la vérité. Elles ouvrent la voie aux premières peines réparatrices, qui marqueront un tournant. Toutes les parties de ce conflit doivent s’engager dans ces efforts de justice et de vérité, étape indispensable au retour d’une paix durable dans le pays.

Troisièmement, la poursuite des violences en Colombie menace l’Accord de paix. Les garanties de sécurité sont insuffisantes. Dans chaque rapport du Secrétaire général, des assassinats d’ex-combattants, de défenseurs des droits de l’Homme et de dirigeants sociaux nous sont rapportés. L’Etat colombien doit y mettre un terme. Cela passe par un renforcement de la présence de l’Etat dans les zones historiquement négligées par l’Accord. Nous appelons également toutes les parties concernées à la pleine mise en œuvre des recommandations du Secrétaire général visant à mettre fin aux recrutements, utilisations et enlèvements d’enfants par des groupes armés.

Il faut offrir des opportunités socio-économiques viables aux populations qui ont souffert du conflit. Pour gagner définitivement la paix, davantage encore doit être fait en matière de réforme rurale, d’accès à la terre et d’accès au logement. Les chapitres de l’accord qui touchent à l’inclusivité et au sort des femmes et des jeunes sont également essentiels.

Monsieur le président,

La France salue le chemin parcouru par la Colombie depuis 2016, mais des défis demeurent. Nous appelons les autorités colombiennes à poursuivre et accélérer la mise en œuvre intégrale de l’Accord et à y dédier les ressources nécessaires. Il s’agit là du plus sûr moyen d’enraciner la paix en Colombie.
Je vous remercie./.

Dernière modification : 14/07/2022

Haut de page