"La santé mentale est une priorité à l’agenda santé de la France" [en]

REUNION ARRIA SUR L’ACCES A LA SANTE MENTALE DANS LES SITUATIONS DE CONFLIT, POST-CONFLIT, URGENCES HUMANITAIRES

INTERVENTION DE THIERRY PEYROUX

CONSEILLER SANTE A LA REPRESENTATION PERMANENTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

New York, le 25 mars 2022

Monsieur le Président,

Merci au Mexique pour l’organisation de cette réunion particulièrement la bienvenue dans le contexte actuel.

En effet, l’agression injustifiée et non-provoquée de l’Ukraine par la Russie, a des effets désastreux au plan humanitaire sur lesquels hier l’Assemblée générale s’est prononcée à une majorité écrasante d’Etats. Parmi les graves souffrances infligées à la population ukrainienne figurent aussi les répercussions psychologiques des drames qu’elle vit depuis un mois.

A cet égard, la France condamne les attaques menées contre les infrastructures médicales, y compris psychiatriques, en violation du droit international humanitaire.

Selon l’OMS, une personne sur cinq vit avec une forme de trouble mental dans les zones de conflit. En conséquence, la détection et la prise en charge de ces blessures invisibles est d’une importance capitale. Nous saluons à cet égard les efforts menés par l’OMS, et je remercie sa représentante ici pour son intervention, qui permet à l’ensemble des populations affectés par des conflits, en Ukraine et partout dans le monde, d’avoir un accès aux soins dont ils ont besoin.

La santé mentale est une priorité à l’agenda santé de la France. Elle a organisé en octobre dernier le sommet mondial pour la santé mentale, et vient d’organiser il y a deux semaines, dans le cadre de sa présidence de l’Union européenne, une réunion ministérielle sur le même sujet. Un moment où la pandémie de Covid-19, qui a renforcé dans de nombreux pays les risques liés à la santé mentale, a aussi tristement rappelé l’insuffisance des politiques publiques de prévention et de promotion de la santé mentale.

Or pour le continent européen, les besoins en soutien psychosocial, exacerbés par la guerre en Ukraine, vont considérablement augmenter.

L’importance que la santé mentale revêt pour la France se retrouve dans les actions que nous soutenons ou nous menons dans les zones de conflit, post-conflit, ou d’urgence humanitaire.

Je citerai par exemple l’Agence Française de Développement qui inclut cette dimension dans ses projets, comme par exemple le projet mis en œuvre avec Action Contre la Faim au lac Tchad permettant de traiter les traumatismes subis par les victimes des violences de Boko Haram.

La France soutient également Médecins Sans Frontières qui lutte contre la stigmatisation dont peut faire l’objet les patients en santé mentale, dans un vaste programme au Libéria qui inclut des services en santé mentale dans des dispensaires où les populations peuvent accéder à ces services parmi d’autres soins de base.

Nous n’oublions pas non plus les séquelles psychologiques des violences sexuelles dans les conflits. La France apporte son soutien au Fonds Mukwege, à hauteur de 6,2 millions d’euros, pour permettre de mettre en œuvre des projets en République démocratique du Congo, en Guinée, au Soudan du sud, en Irak et en Turquie auprès de réfugiées syriennes pour favoriser l’accès aux soins, notamment en santé mentale.

Je vous remercie de votre attention./.

Dernière modification : 25/03/2022

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