La situation sécuritaire reste l’enjeu principal au Sahel [en]

UNOWAS

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 11 Janvier 2021

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial, Monsieur Ibn Chambas, pour son exposé. Je souhaiterais revenir sur deux points.

D’abord, sur les élections qui se sont déroulées récemment dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Ces élections sont le signe d’une consolidation des institutions démocratiques dans la région. Pour autant, elles ont posé plusieurs défis. Certaines ont été marquées par de fortes tensions et des entraves aux libertés publiques. La France a condamné les violences qui ont fait plusieurs morts en marge de certains scrutins.

En Guinée, nous encourageons l’ensemble des acteurs à la responsabilité et à la plus grande retenue. Nous appelons également les autorités à prendre des décisions concrètes en matière de dialogue et d’ouverture vis-à-vis de l’opposition. Il s’agit de permettre une réconciliation de tous les Guinéens. Ils méritent un climat politique apaisé et une amélioration effective de la gouvernance, qui sont le socle du développement du pays.

En Côte d’Ivoire, l’objectif de tous doit à présent être l’apaisement. Nous relevons que le Président Ouattara a annoncé de nouveaux gestes lors de son discours d’investiture. Je pense en particulier à la nomination d’un ministre de la Réconciliation Nationale et à la réforme de la Commission électorale indépendante. Ce sont des initiatives positives. D’autres mesures pourraient utilement être prises pour contribuer à l’apaisement et au processus de réconciliation, en particulier d’ici la tenue des élections législatives.

Enfin, au Ghana, les élections se sont tenues dans des conditions exemplaires qui font honneur à la tradition démocratique du pays et au sens civique du peuple ghanéen.

Mon deuxième point concerne la situation au Sahel.

Malgré des défis immenses, les élections au Burkina Faso et le premier tour de l’élection présidentielle au Niger se sont déroulés sans incident sécuritaire majeur et dans un climat serein. Au Burkina Faso, l’ensemble de la classe politique a fait preuve d’esprit de consensus. Au Niger, la décision du Président Issoufou de ne pas se représenter pour un troisième mandat a constitué un facteur d’apaisement. En tant que partenaire de premier plan du Niger, nous continuerons de suivre avec attention la préparation et la tenue du second tour de l’élection présidentielle. Et à ce titre, nous déplorons les attaques du 2 janvier, qui ont coûté la vie à plusieurs civils, et présentons nos condoléances au peuple et au gouvernement du Niger.

La situation sécuritaire reste l’enjeu principal au Sahel. La France salue la mémoire des soldats qui ont perdu la vie récemment, dont cinq Français. Ces douloureuses nouvelles ne sauraient faire oublier les succès de l’opération Barkhane et du G5 Sahel. Les terroristes poursuivent, certes, des actions de harcèlement, mais ils sont acculés. Et les opérations conjointes de la France et de ses partenaires vont se poursuivre.

M. le Président,

La mobilisation face à l’ampleur des défis du Sahel reste insuffisante. Dans l’esprit de la Coalition pour le Sahel, nous devons combiner l’appui sécuritaire au soutien en matière de gouvernance, de droits de l’Homme et de développement. A l’échelle nationale, nous encourageons les autorités des pays du Sahel à renforcer la présence de l’Etat dans les zones périphériques. Au niveau international, la force conjointe du G5 Sahel mérite davantage de soutien, y compris de la part des Nations unies. Nous saluons également la Stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel. Nous encourageons sa mise en œuvre de manière plus pragmatique et concrète. Elle doit produire rapidement les résultats attendus par les populations.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 11/01/2021

Haut de page