"Le Yémen continue d’être ravagé par la guerre" [en]

YEMEN

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE,
REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 12 janvier 2022

Madame la Présidente,

Je remercie Messieurs Grundberg, Rajasingham et Mme Alaghbary pour leurs exposés. La France partage pleinement leurs préoccupations.

La détérioration de la situation sur le terrain fait courir un risque de déstabilisation régionale. Le Yémen continue d’être ravagé par la guerre. Les parties au conflit s’affrontent sur plusieurs fronts, et chaque camp reste convaincu qu’il peut défaire son adversaire. Mais nous savons tous que l’option militaire est sans issue. La France appelle à nouveau à un cessez-le-feu à l’échelle nationale sans délai. Les discussions au sein du comité de coordination du redéploiement prévues par les accords de Stockholm doivent également reprendre. Je salue à cette occasion la nomination du général Beary.

Les tensions sur le terrain alimentent l’instabilité au Yémen et dans la région. Je pense aux attaques houthies en direction du territoire saoudien et à la capture par les Houthis d’un navire émirien au large de la côte ouest du Yémen.

Cette interception est préoccupante, et nous la condamnons. La France appelle l’ensemble des parties prenantes à parvenir à une solution permettant la libération du navire et de son équipage et rappelle son attachement à la liberté de navigation, ainsi qu’à la sécurité et à la stabilité régionales.

La population yéménite continue à payer le prix fort de ce conflit. Le nombre de victimes civiles était, le mois dernier, un des plus élevés de ces dernières années.

La protection des civils est une obligation qui s’impose à toutes les parties.

Les besoins humanitaires continuent à augmenter. Le risque de famine s’accroit.

Il est donc indispensable de permettre aux personnels onusiens et humanitaires de circuler sans peur d’être pris pour cible ou arrêtés. A cet égard, nous condamnons avec fermeté l’arrestation arbitraire de trois personnels onusiens. Nous appelons à leur libération immédiate et sans préconditions. Il est essentiel de lever l’ensemble des obstacles bureaucratiques et d’accélérer la délivrance des visas pour les personnels onusiens et humanitaires pour un acheminement sans entrave de l’aide.

Alors que la situation économique fait l’objet de préoccupations grandissantes, nous saluons les récentes décisions du gouvernement pour reprendre en main la Banque centrale, au service de la population.

La France soutient les efforts de l’envoyé spécial pour relancer le processus politique. Elle appelle toutes les parties prenantes à s’engager sans délai et de façon constructive. Les paramètres internationaux, y compris les résolutions adoptées par ce Conseil, sont bien connus. Il est primordial enfin que les femmes puissent être associés à la prise de décision concernant l’avenir de leur pays.

Enfin, le pétrolier SAFER continue d’être une bombe à retardement au plan écologique. Les Houthis doivent impérativement cesser leur chantage et autoriser l’accès immédiat et sans préconditions à ce navire.

La France et ses partenaires demeurent engagés aux côtés de l’Envoyé spécial et continueront à soutenir ses efforts pour mettre un terme à ce conflit.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 12/01/2022

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