Libye : La France appuie la tenue des élections parlementaires et présidentielles [en]

MANUL

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE,

REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 10 septembre 2021

Monsieur le Président,

Je remercie l’Envoyé spécial, Jan Kubis, la présidence Indienne du comité de sanctions et Madame Asma Khalifa pour leurs exposés.

La paix est à portée de main en Libye. Nous devons rester mobilisés pour que cette fenêtre d’opportunité ne se referme pas.

Il est impératif, en premier lieu, que les acteurs libyens respectent les échéances électorales qu’ils se sont eux-mêmes fixés.

Conformément à la feuille de route du forum de dialogue politique inter-libyen, endossée par la conférence de Berlin II et la résolution 2570 de ce Conseil, les élections parlementaires et présidentielles doivent se tenir le 24 décembre prochain.

Les attentes de la société civile sont fortes. Plus de 2,8 millions de Libyens, dont 43% de femmes, se sont d’ores et déjà inscrits sur les listes électorales. Toute remise en cause de cette échéance pourrait menacer le processus de transition politique et la relative accalmie que connaît la Libye ces derniers mois.

La France appelle tous les dirigeants libyens à prendre leurs responsabilités pour mener à bien ce processus dans les délais et se montrer à la hauteur des enjeux.

La France soutiendra toute décision libyenne appuyée par les Nations Unies visant à clarifier la base légale nécessaire à la tenue des élections.

A ce titre, elle salue l’adoption par la Chambre des Représentants de la loi électorale pour l’élection présidentielle et sa transmission à la Haute Commission Electorale.

Elle encourage la Chambre des Représentants à transmettre à présent, sans délai, la loi portant sur l’élection parlementaire à la Haute Commission. C’est indispensable pour que cette Commission puisse lancer rapidement l’organisation des deux scrutins conformément aux attentes du Conseil de sécurité et de la population libyenne.

La seconde priorité est de progresser rapidement dans la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020.

La France a salué l’annonce par le comité 5+5 de la réouverture de la route côtière Syrte Misrata fin juillet. C’est une étape essentielle dans la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu. Elle permet la libre circulation de milliers de Libyens et facilite la délivrance de l’aide. C’est aussi une mesure symbolique qui souligne la détermination des forces armées à agir ensemble avec, à terme, leur réunification.

C’est enfin la preuve de l’efficacité du comité militaire 5+5 sur les questions sécuritaires.

Il faut à présent intensifier ces efforts pour que toutes les dispositions de l’accord de cessez-le-feu, endossé par la résolution 2570, soient mises en œuvre. Les affrontements entre milices ces dernières semaines en Tripolitaine sont venus nous rappeler à quel point la situation sur le terrain demeure fragile.

Le déploiement d’observateurs de la MANUL sera une étape essentielle pour assurer la mise en œuvre du cessez-le-feu. Nous espérons qu’ils puissent enfin être déployés sur le terrain et appelons à la mise en place de ce mécanisme de surveillance.

Le retrait des forces et mercenaires étrangers constitue une autre condition essentielle pour retrouver une Libye stable, unie et souveraine. La France apporte son plein soutien aux travaux du comité 5+5, qui se réunira prochainement à Genève, pour de s’accorder sur un plan opérationnel et séquencé de retrait des forces et mercenaires étrangers. Ce plan devra être mis en œuvre dès que possible. Un programme de désarmement, démobilisation et réintégration devra accompagner ces retours pour ne pas mettre en péril la stabilité de la région et celle du Sahel.

Enfin, l’unification des institutions économiques et financières libyennes doit être réalisée sans plus attendre. Une répartition juste, équitable et transparente des ressources doit être garantie au profit de l’ensemble de la population libyenne. Nous réaffirmons à ce titre notre attachement à l’indépendance de la compagnie nationale de pétrole.

Seule une Libye stable et souveraine sera en mesure de mettre fin à la traite de migrants ainsi qu’aux graves violations des droits de l’Homme auxquels ils continuent d’être exposés. La lutte contre l’impunité doit se poursuivre. Les autorités libyennes doivent pleinement coopérer avec la Cour pénale internationale, comme le prévoient les décisions de notre Conseil.

Monsieur le Président,

La France continuera de contribuer, avec ses partenaires européens, à la mise en œuvre neutre et impartiale de l’embargo sur les armes décidé par ce Conseil, via l’opération IRINI. Elle ne ménagera aucun effort au cours des prochains mois pour accompagner la Libye sur le chemin de la paix. Nous appelons ce Conseil, mais aussi les acteurs régionaux et internationaux à y travailler avec nous, les Nations Unies et les acteurs libyens.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

Dernière modification : 10/09/2021

Haut de page