RDC : l’insécurité persiste à l’est du pays [en]

RDC

INTERVENTION DE NICOLAS DE RIVIERE,
REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

New York, le 30 mars 2021

Monsieur le Président,

Je remercie d’abord Mme Keita pour sa présentation et tiens à l’assurer du plein soutien de la France pour sa mission. Je remercie également Mme Lusumba pour son intervention.

Je souhaiterais revenir sur trois points :

Tout d’abord, la persistance de l’insécurité à l’est du pays.

La France condamne les attaques récurrentes contre les civils et contre les forces armées dans les Kivus et en Ituri. La recrudescence des attaques du groupe « Forces démocratiques alliées » et la poursuite des violences intercommunautaires sont inquiétantes. La concentration de la MONUSCO à l’Est doit se poursuivre pour protéger les civils et pour y soutenir la présence de l’Etat.

Il convient d’y promouvoir le dialogue intercommunautaire, de lutter contre les discours de haine qui attisent les tensions entre les communautés, et de poursuivre les efforts contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et la coopération entre les Etats de la région des Grands Lacs. Il faut aussi donner des perspectives à ceux qui ont rendu leurs armes en mettant en œuvre des programmes décentralisés de désarmement, démobilisation et réintégration.

J’en viens à mon deuxième point, l’aggravation de la situation humanitaire.

La République Démocratique du Congo peut compter sur le soutien de la France pour surmonter la crise sanitaire via le mécanisme COVAX, dont l’Equipe Europe est un des grands bailleurs de fonds. Alors que l’insécurité alimentaire s’accroît et que des nouveaux cas d’Ebola sont apparus, l’accès humanitaire doit être garanti et les attaques contre le personnel humanitaire doivent cesser. Le Conseil de sécurité a condamné l’attaque meurtrière contre un convoi du Programme alimentaire mondial le 22 février dernier. Les responsables doivent être traduits en justice.

La France salue les avancées en matière de lutte contre l’impunité, dont témoigne la condamnation le 12 janvier dernier d’un milicien pour crimes contre l’humanité. Ces efforts doivent se poursuivre. Les droits de l’Homme doivent par ailleurs être respectés, y compris par les forces de sécurité congolaises. Je salue l’intervention de Sandrine Lusumba qui nous rappelle le rôle indispensable des femmes dans l’établissement d’une paix durable.

Enfin, et c’est mon troisième point, la préparation de la transition de la MONUSCO nécessite l’engagement de tous.

La constitution du groupe de travail conjoint entre les autorités congolaises et les Nations Unies sur cette transition est indispensable. Les capacités nationales doivent en même temps être consolidées par un plan de réforme du secteur de la sécurité et le renforcement de la Police nationale et des moyens de la justice. Sur tous ces aspects, l’engagement du futur gouvernement congolais sera primordial. La présidence congolaise de l’Union africaine doit être l’occasion d’accompagner la région des Grands Lacs sur la voie de la paix.

La MONUSCO doit, de son côté, adapter son dispositif pour toujours mieux protéger les civils, en coordination avec les forces armées congolaises. La mise en œuvre de la reconfiguration de la Brigade d’intervention de la Force doit aussi se poursuivre dans les meilleurs délais.

Je vous remercie.

Dernière modification : 30/03/2021

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