Syrie : La France dénonce l’impunité d’utilisation d’armes chimiques [en]

SYRIE CHIMIQUE

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE, REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 2 Septembre 2021

Madame la Présidente,

Permettez-moi tout d’abord de féliciter le Représentant permanent de l’Inde et son équipe pour une présidence particulièrement réussie au mois d’août, et de vous souhaiter bonne chance pour votre propre présidence durant ce mois de septembre.

Je tiens à remercier Mme Nakamitsu pour son exposé.

Une fois de plus, force est de le constater, le régime syrien continue de se soustraire à ses obligations internationales.

La liste des blocages est longue. Aucune réponse n’a été apportée aux 20 questions toujours en suspens liées à la déclaration initiale de la Syrie. La France espère que la rencontre entre le Directeur général de l’OIAC et le ministre des affaires étrangères du régime syrien permettra de les aborder de front. Elle réitère sa préoccupation quant au déplacement et à la destruction non autorisés de deux cylindres relatifs aux attaques de Douma. Le régime syrien doit fournir toutes les informations demandées par le Secrétariat technique de l’OIAC pour faire la lumière sur ce point. L’OIAC, de son côté, est prête mais elle attend une réponse opérationnelle.

Le report du déploiement de l’équipe d’évaluation de la déclaration initiale au mois d’octobre est également dommageable. L’officier de liaison de l’OIAC n’a pas pu obtenir de visa pour remplacer son prédécesseur qui quittait Damas en août, ce qui signifie que le poste est vacant pour la seconde fois cette année. Nous appelons le régime syrien à débloquer rapidement cette situation.

La non-coopération du régime avec l’OIAC est flagrante et conduit ce dernier dans une impasse. Pourtant, et nous le rappelons une fois encore, la décision prise en avril par la Conférence des Etats parties à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques n’est pas irréversible. Les droits et privilèges qui ont été suspendus en avril peuvent être recouvrés. Cela implique que le régime coopère résolument et de bonne foi avec l’OIAC, qui poursuit son travail en toute transparence et avec un très grand professionnalisme.

Il revient naturellement à ce Conseil de le garantir. La question chimique syrienne est loin d’être résolue. Ceux qui tentent de nous faire croire le contraire ne trompent personne. J’encourage les membres de ce Conseil à en revenir à la mise en œuvre pleine et intégrale de la résolution 2118. Il en va de notre sécurité à tous.

La France continuera d’œuvrer avec ses partenaires, notamment au sein du Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques, pour que les responsables d’attaques chimiques soient jugés.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

Dernière modification : 03/09/2021

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