Yémen : Une solution politique globale et inclusive demeure essentielle [en]

YEMEN

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE,
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 10 Septembre 2021

Madame la Présidente,

Je remercie Monsieur Grundberg, Madame Eltahir Mudawi et Madame Al Qadhi pour leurs interventions.

Le conflit au Yémen dure depuis 7 ans. Sur le terrain aucune perspective de sortie de crise ne se dessine.

Nous répétons depuis le début du conflit que l’option militaire ne mènera nulle part. La réalité sur le terrain nous le rappelle chaque jour : les affrontements se poursuivent, mais la situation demeure plongée dans l’impasse.

Votre nomination, Monsieur l’Envoyé spécial, représente une opportunité pour relancer le processus de paix, actuellement au point mort.

Les paramètres requis pour sortir de la crise sont bien connus : un cessez-le-feu global, la réouverture de l’aéroport de Sanaa et celle du port d’Hodeïda et des négociations entre les différents acteurs afin de trouver une solution politique globale et inclusive.

Au préalable, il est impératif que les Houthis cessent leurs agissements inacceptables, à la fois dans la zone de Marib et contre le territoire saoudien. Nous les condamnons avec la plus grande fermeté, de même que leur refus de permettre l’accès de la mission d’inspection des Nations unies au SAFER. Le chantage exercé par les Houthis est inacceptable. Il est essentiel qu’ils autorisent immédiatement et sans préconditions l’accès de la mission d’inspection des Nations unies, car sinon ils seront responsables d’une catastrophe écologique majeure.

Je voudrais également réitérer l’attachement de la France à l’intégrité territoriale du Yémen. Celui-ci doit rester unifié, il en va de sa souveraineté. Nous sommes inquiets des tensions dans le Sud et appelons au retour du gouvernement yéménite à Aden.

L’enlisement du conflit conduira à la fragmentation du pays qui fera avant tout le jeu des extrémismes et du terrorisme.

Cela fait maintenant 7 ans que le peuple yéménite subit les conséquences de l’absence d’une solution politique.

Le statu quo sur le terrain a des conséquences dramatiques sur la population : c’est elle qui paye le prix du blocage politique.

La situation humanitaire ne cesse de se dégrader : près de 70% de la population a besoin d’aide humanitaire, soit 4 enfants sur 5. Seule la moitié des infrastructures de santé est opérationnelle.

Nous devons intensifier les efforts pour faire face au risque de famine à grande échelle et contrer la propagation de la pandémie de COVID-19, notamment en accélérant la campagne de vaccination.

Cela implique de garantir un plein accès humanitaire à l’ensemble des personnes dans le besoin : nous appelons à la levée immédiate de l’ensemble des obstacles bureaucratiques dans le pays particulièrement en zone houthie.

La protection des civils doit rester un impératif absolu. Le respect du droit international humanitaire est une obligation qui s’impose à tous et les auteurs de violations ne doivent pas rester impunis.

Par ailleurs, les frappes aériennes indiscriminées, qui ne respectent ni les principes de distinction, de proportionnalité ou de précaution doivent cesser.

Madame la Présidente, la France reste déterminée à soutenir tous les efforts en faveur de la reprise d’un processus de paix au Yémen et en cela le nouvel Envoyé spécial pourra compter sur notre plein soutien.

Je vous remercie.

Dernière modification : 10/09/2021

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