Femmes, paix et sécurité [en]

« On le sait, en matière de droits des femmes, quand on arrête d’avancer, on recule. On ne fait jamais de surplace. » Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité, le 29 octobre 2019

Promotion par la France de l’agenda « Femmes, paix et sécurité » du Conseil de sécurité des Nations unies

Il est essentiel de protéger les femmes contre la violence des conflits. Il faut aussi promouvoir et assurer leurs participations à la prévention et à la résolution des conflits. C’est pourquoi le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté en 2000 une résolution fondatrice à ce sujet : la résolution 1325. Depuis 2000, huit autres résolutions ont été adoptées par le Conseil. Elles constituent un socle fondamental en vue d’une pleine prise en compte de la situation des femmes dans les conflits.

La France est mobilisée au Conseil de sécurité pour l’égalité femmes-hommes, l’un des objectifs de développement durable adopté par les Etats membres des Nations unies en 2015, et pour la protection des droits des femmes. Dans ce contexte, elle promeut activement l’agenda « Femmes, paix et sécurité ». En 2019, la France a fait de l’agenda « Femmes, paix et sécurité » l’une des grandes priorités de son action en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, érigée en grande cause du quinquennat par le président de la République : à l’occasion de la présidence française du Conseil de sécurité en mars de cette année, elle a, en lien avec l’Allemagne, mis le sujet « Femmes, paix et sécurité » à l’agenda à travers l’organisation d’une réunion informelle (Arria) sur la participation des femmes aux processus de paix. Plus récemment, la France a contribué à l’adoption de la résolution 2492, dernière résolution adoptée à ce jour au titre de l’agenda « Femmes, paix et sécurité ». La France a tenu à affirmer, lors du débat ouvert qui a suivi cette adoption, le 30 octobre 2019, que des progrès restaient à réaliser, notamment en matière de protection des femmes défenseuses des droits de l’homme, de droits et de santé sexuels et reproductifs et de participation de la société civile à la prise de décision.

La protection des femmes dans les zones de conflits armés

Les effets des conflits armés sur les femmes sont nombreux et destructeurs. Il faut lutter contre les violences qui leur sont faîtes, prendre en compte les difficultés rencontrées par les femmes déplacées ou, plus spécifiquement, lutter contre les violences commises à leur égard par des groupes terroristes.

En 2008, la violence sexuelle est reconnue comme arme de guerre. La France a joué un rôle actif dans l’adoption de la résolution 1820 du Conseil de sécurité, qui marque une véritable prise de conscience de la part de la communauté internationale de la nécessité de renforcer significativement la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits armés et de lutter contre l’impunité. Concernant les abus et les violences sexuels, la France soutient la stratégie de « tolérance zéro » du Secrétaire général des Nations unies, pour prévenir et répondre aux abus sexuels.

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L’impact des conflits armés sur les femmes est vaste et destructeur.
UN Photos

La participation des femmes dans la prévention et la résolution des conflits

Il faut assurer une entière participation des femmes à l’obtention et à la consolidation de la paix. En 2009, le Conseil de sécurité a mis en place de nouveaux outils pour mieux prendre en compte le rôle des femmes dans la consolidation de la paix (résolution 1888). Cette résolution exige la remise de rapports annuels par le Secrétaire général des Nations unies et encourage la nomination de conseillers au sein des opérations de maintien de la paix. De plus en plus de mandats d’opérations de maintien de la paix (OMP) prennent en compte le rôle des femmes à tous les stades des crises. C’est notamment le cas de la MONUSCO, la MINUSMA ou encore la MINUSCA.

Quinze ans après l’adoption de la résolution fondatrice 1325, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2242 (2015) qui souligne l’importance de la participation des femmes dans les processus politiques, dans les négociations de paix et dans les mécanismes de résolution et de prévention des conflits. La France promeut cette participation, étant convaincue qu’elle renforcera l’efficacité de la résolution des conflits.

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Rencontre avec les femmes leaders lors d’une mission du Conseil de sécurité au Mali, octobre 2017
MINUSMA

La France soutient pleinement ONU Femmes, entité des Nations unies chargée de la défense des droits des femmes, avec laquelle elle met en œuvre plusieurs actions concrètes de coopération. La France contribue financièrement à des projets renforçant la participation des femmes dans les pays, comme au Mali, en République démocratique du Congo, en Afghanistan, en République Centrafricaine ou encore pour les réfugiées syriennes.

A titre national, la France a adopté deux plans nationaux d’action pour la mise en œuvre de l’agenda « Femmes, paix et sécurité ». Ils reposent sur plusieurs piliers, comme la prévention et la promotion de l’agenda, la lutte contre l’impunité ou encore la protection contre les violences faîtes aux femmes. L’élaboration du 3ème Plan national d’action mettant en œuvre les résolutions « Femmes, paix et sécurité » constitue le dernier axe de la priorité accordée par la France à cet agenda. Outre un accent mis sur la participation des femmes pour renforcer leur intégration, il devrait également se concentrer sur le soutien médical, psychologique et social apporté aux victimes de violences sexuelles.

Enfin, à l’occasion des 25 ans de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing en 2020, la France co-présidera avec le Mexique le Forum Génération Egalité, qui se tiendra en mai 2020 à Mexico, et en juillet 2020 à Paris. Organisé avec le soutien d’ONU Femmes et la participation de la société civile, ce Forum permettra de faire le bilan des avancées réalisés sur ces 25 dernières années, mais aussi des obstacles qui persistent en matière d’égalité hommes-femmes. Il aboutira à des propositions d’actions concrètes, pour permettre la mise en œuvre pleine et entière du Programme d’action de Beijing.

Dernière modification : 13/11/2019

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